lundi 20 avril 2015

Musée en vacances #‎2


Au Louvre en ce moment,
il y a deux expositions.
Celle de Poussin - contemporain de Velazquez -
nous a semblé parfaite pour compléter,
comparer ce que nous avions vu la veille.

 De fait, pour les enfants la différence a été saisissante!
Ils s'attendaient à retrouver l'univers sombre et envoutant de Velazquez
et se sont retrouvés dans l'Italie de la Renaissance.
Les formes, la palette, les sujets.
Rien ne semblait indiquer que les deux peintres avaient vécu à la même époque!


Un petit cliché volé pour illustrer la méthodique description des toiles par les enfants.
Un vrai rappel de catéchisme.
Poussin peint souvent les mêmes scènes, les mêmes passages de la Bible ou de l'Evangile.
Les enfants ont donc pu à loisir chercher, trouver, commenter les oeuvres.

Si cela est très valorisant pour chacun d'eux,
cet aspect de la visite a eu bien d'autres avantages.
Noter la façon dont tout avait été peint, les symboles que Poussin utilise dans ses toiles
(serpent, linge de couleur pour guider la lecture, statues grecques...)
les enfants sont rentrés de plein pieds dans un tout autre univers.
Ils ont adoré les représentations des petits anges poupon,
et notre petit dernier nous a amusé par sa fascination assez morbide des scènes les plus horribles
(telle le martyre de saint Erasme devant lequel nous sommes restés tous les deux bien 15 minutes à décrire et redécrire - je vous laisse le trouver et apprécier!)

***

Face à cette rétrospective étonnante et malheureusement mal documentée de Poussin,
il y a la Fabrique des images saintes.


Les enfants là aussi ont aimé retrouver les histoires qu'ils connaissent,
des images poussées à leur extrême
on sent très présente la réaction à la Réforme.
Ils ont aimé voir la reproduction du Saint Suaire dont on parle tant en ce moment
et ils ont même critiqué ce Christ mort couché sur son linceul de Philippe de Champaigne car la blessure de la lance n'était pas du bon côté!

A conseiller tout de même
- pour en profiter pleinement avec de jeunes enfants -
aux familles qui ont distillé un peu d'éducation religieuse.
Nous avons fait la visite des deux expositions avec un jeune homme un brin plus grand que notre aînée
et sa méconnaissance - pour ne pas dire sa totale ignorance - des principaux personnages de la Bible ou des Evangiles
lui a rendu la visite compliquée et retorse.

Et comment être au Louvre et ne pas résister à faire en plus,
juste une petite salle!
Malgré la foule du dimanche,
les enfants ont réclamé le département d'antiquités égyptiennes.
C'est au programme de notre cadette en ce moment,
et nous avons pu apprécier les nombreuses connaissances qu'elle avait acquises.

Et de nouveau se sentir tout petit
devant les colosses - devant cet art si raffiné - devant cette civilisation.

Nous allons déposer un dossier pour la Carte Famille du Louvre.
Si nous y allons souvent à reculons
(il y a tellement de monde!!!)
c'est tout de même l'un des plus grands musées du monde
et il recèle de milles trésors pour nos petits écoliers.

Nous leur avons donc promis d'aller très rapidement visiter le département des Humanistes,
puis nous reviendrons pour les statues grecques.
La carte nous forcera à respecter nos promesses!

***
Et je ne résiste pas à vous montrer la nouvelle lubie des enfants:
"Voilà, maman, ce serait parfait pour nos Schleich"...

Musée en vacances #‎1


C'est l'exposition de la saison.
Même les enfants ont ressenti la force, la puissance de
Velazquez au Grand Palais!

Le parcours est parfait,
mettant en scène le génie, le geste incroyable,
la précision et la maîtrise totale de ce peintre de génie.
Et au delà du geste, la palette.
Il y a cette lumière qu'il transcende,
il y a ces noirs, ces verts.
C'est le coeur palpitant qu'on observe chaque toile,
et bientôt ni le monde qui se presse autour de nous
n'existe plus: juste Velazquez!


Les enfants, d'abord déroutés, ont investi l'exposition.
Des croquis aux conversations avec les autres visiteurs.
Tous conquis, tous abasourdis.
Quelle pure beauté, quel réalisme éclatant:
les visages sont aussi répugnants que magnifiques,
les sujets aussi glorieux que pouilleux.
Il balaie l'humanité et même tout petit la conscience de croiser dans ces toiles le magnifique et le plus humble est évidente.


On regrette juste, ingrats que nous sommes,
que ce soit si court...
que les Ménines ne soient pas là pour donner le coup de grâce!

Mais non, tout est parfait,
la scénographie austère,
les cartels informatifs à souhait,
les panneaux explicatifs.

L'exposition d'un grand maître honoré.


Si rien n'est fait pour les enfants,
la splendeur des toiles,
leur côté austère et pompeux,
la couleur de la peau,
les sujets les raviront!


Il ne faut pas passer à côté de cette bouleversante rétrospective,
ne pas priver vos enfants d'une majestueuse leçon d'histoire de l'art!

mardi 14 avril 2015

Un week-end au vert

 
La campagne ici,
on ne connait pas trop.
Pas sortis de Paris depuis fin juillet,
les vacances, les week-ends restent parisiens.
On ne va jamais guère plus loin que les squares et les parcs joliment paysagés!

Mais ce week-end,
la petite troupe a été invitée à poser ses bagages en Normandie.
Et quel bonheur!


Poser son regard au loin,
profiter de la nuit étoilée et de la pleine lune,
respirer, respirer, respirer,
écouter les oiseaux gazouiller à qui mieux mieux,
courir, sauter, marcher longtemps,
respirer, respirer, respirer,
découvrir les yeux écarquillés,
partager de grandes tablées, ensemble.


Le programme était si simple:
pas de programme,
juste se reposer,
respirer et profiter.


Nous étions 17,
venus de tous horizons
avec juste un couple en commun.
Et la magie a opéré.

***

Les enfants étaient excités et aussi un peu angoissés.
Une grande maison perdue au milieu des bois.
La campagne, telle quelle peut paraître dans leur imagination.
Les autres, ces inconnus pour mes petits timides.

Alors pour rendre ce week-end providentiel encore plus féérique,
nous avons décidé de nous envoler au pays de Narnia!
Pour mes petits passionnés c'était le bonheur!

Le livre en bandoulière,
des figurines Schleich plein les poches,
nous nous sommes installés dans la grande maison,
jetant un coup d'oeil complice aux grandes armoires
que je savais ne manqueraient pas d'être au rendez-vous.
Tout était réuni!


Une maison entière à découvrir,
des dizaines de portes à ouvrir,
des armoires à n'en plus finir!
Le spectacle infini de la lumière à travers les fenêtres,
le parc à observer, la nature enveloppante omniprésente...


La maison, restée dans son jus depuis Dieu sait combien d'années
remplie à ras bord de vieux meubles poussiéreux...
Les grandes fenêtres donnant sur le parc,
le parquet qui craque, les tentures aux murs,
l'odeur de l'ancien mêlée à celle de la nature au printemps...

Les sens des enfants étaient sur-stimulés!
Ils courraient de chambre en chambre,
voulant choisir la plus belle,
celle qui contiendrait leurs rêves le temps d'un long week-end!


Le parc n'a en rien déçu mes petits explorateurs!

Plus d'un porche aurait pu être vraiment Cair Paravel
et les enfants étaient aux anges...
La visite de la petite chapelle avec sa cloche à faire tinter et résonner dans toute la vallée,
les écuries, les maisons de chasse...

L'aventure était à leur portée,
et ils en ont bien profité!



Poursuivre l'inattendu,
se gargariser des découvertes!
Et puis grimper, sauter, tomber mais se relever,
conquérir le domaine entier!


 Et saisir tous les atouts de cette vieille demeure...
Comme exhumer un ancien terrain de tennis bien moussu mais encore vaillant...


Au pays de leurs rêves...
Attraper des petits moments pour qu'ils s'en souviennent,
pour les conserver à l'abri de l'oubli
et les retrouver dans quelque temps emprunts d'un hâle de nostalgie si douce.


Et encore et encore profiter,
prendre son temps,
les encourager dans cette fantaisie
et les y rejoindre en nous délectant!

Et garder dans nos coeurs 2 images:
Joie / Sérénité

vendredi 10 avril 2015

Un dimanche au musée


Une invitation - Merci Merci Merci Amélie -
et une exposition que nous attendions depuis bien longtemps...

Pierre Bonnard au Musée d'Orsay
avait bien le droit à une belle rétrospective!
Et que dire de ce peintre à cheval entre 5 courants,
pratiquant de multiples formats et s'exprimant de maintes façons!

Quel bonheur de déambuler dans ces scènes si particulièrement cadrées,
d'y rechercher le bonheur, la lumière, la vie...


Même les enfants l'ont senti!
C'est le peintre du bien-être.

La salle préférée de notre petit dernier, celles des baignoires.
Cela lui a cloué le bec de se rendre compte que des peintres pouvaient mettre en scène
ces moments-là, cet objet-là.

Les filles ont été plus réceptives aux belles scènes de paysages
emplis de lumière et de joie.

Il y a de quoi découvrir les multiples facettes de Bonnard
souvent oublié ou mis de côté.
Les différentes influences, la lumière qu'il transcende, sa palette...
il est un artiste fondamental de l'Art moderne!

***
Le seul défaut de cette exposition finalement,
c'est le parti pris thématique.
On se perd et on se reperd dans les périodes, dans la chronologie,
pas très aidés par des cartels et des panneaux peu étoffés.

Il y a un certain relâchement dans la scénographie, quasi inexistante,
qui aurait pourtant pu justifier et souligner le choix du thématique.


Mais Orsay est définitivement un musée fabuleux,
où il fait bon se balader.
Reconnaître, associer, redécouvrir.
Il y a tant à voir, tant à observer.

***

Exposition Bonnard à surtout ne pas manquer!