mardi 15 avril 2014

Musée en vacances *2

 Pas beaucoup de photos pour vous parler de
Van Gogh / Artaud le suicidé de la société à Orsay.

D'abord parce que les photos sont interdites
(un jour je voudrais vraiment comprendre pourquoi)
et aussi parce qu'il y avait tant de monde...


Cette exposition est vraiment incroyable!
D'abord très riche,
nous n'avions jamais vu autant de toiles de Van Gogh au même endroit!
L'exposition, très légèrement scénographiée
manipule habilement le lien entre écrivain et peintre,
entre les tableaux et les livres,
elle fait définitivement la part belle à l'image.

Les enfants sans trop insister
ont très vite vu les ressemblances
entre les grands coups de pinceaux de Van Gogh
et les phrases (et le ton) coupées au couteau d'Artaud.

Notre tout petit est resté longtemps à regarder les extraits vidéos des films dans lesquels Antonin Artaud à jouer.
Fasciné, happé par le regard bleu ciel et fantasque de l'écrivain.

 Le reste de la balade pour revoir quelques symbolistes
récemment aperçus en d'autres lieux...
Qu'il est doux de les entendre alors discuter autour de toiles
(Maurice Denis et Paul Ranson)
et d'entendre des bribes de ce qu'ils ont retenu...
Bliss...

lundi 14 avril 2014

Musée en vacances *1 (et on commence par un bis!)


Nous avions tellement aimé notre première visite,
nous savions déjà qu'il y en aurait d'autres!

Aujourd'hui, nous avons de nouveau foulé l'espace Nuit
du Museum national d'Histoire naturelle
et nous avons invité des amis à profiter de la visite avec nous.

 Les enfants ont survolé les phases de la lune pour rester plus de temps le nez dans les étoiles et les constellations.
C'était amusant de les voir faire la visite commentée à leurs amis!

J'ai ainsi pu voir ce qui les avait le plus marqué.
Et à part les animaux, ce que les enfants tous âges confondus préfèrent c'est tout ce qui est en interaction avec eux: les écrans, les expériences (sentir, toucher, écouter)...


Leur concentration extrême,
leur entrain à découvrir et faire découvrir,
leur patience et leur endurance m'ont impressionnée.

Et quel beau début de Museum Week
que de partager cette visite avec plein d'amis!

mardi 18 mars 2014

Un dimanche chez Carl


Nous avons continué notre promenade au pays de mes souvenirs.

Et dimanche, nous sommes allés tous ensemble visiter
la très belle rétrospective sur Carl Larsson au Petit Palais.

Mêler les deux univers des ces peintres en un week-end
me semblait d'une évidence absolue.

Car et l'un et l'autre ont sublimé la famille, l'enfance, le foyer.


Le monde de Carl Larsson ne se réduit pas aux aquarelles
de sa maison, de son jardin, de sa famille.
Non, il ouvre un album de ce qui est une ode à la vie.
Il montre un chemin à suivre,
celui de l'accomplissement en tout,
à commencer par la tenue de son intérieur,
des liens dans une famille, un appel à la créativité.


L'exposition du Petit Palais, qui offre pour la toute première fois des oeuvres de Carl Larsson est toute simple,
à l'image des illustrations et tableaux présentés.
L'immersion est immédiate,
les murs du sous-sol du Petit Palais sont aux couleurs
des pièces de la petite maison de Sundborn où la famille Carlsson résidait.
C'est assez réussi pour avoir l'impression de voyager!

On peut regretter qu'il n'y ait pas plus de toiles,
pas plus de grands formats,
qu'un certain ordre chronologique
voire une explication plus précise de l'oeuvre tout de même complexe de Larsson ne soit pas mieux mise en valeur.
Ainsi, on n'apprend pas grand chose sur Carl Larsson,
sa femme Karin, peintre elle aussi et reconvertie en la première décoratrice d'intérieur,
sur leurs relations avec le monde artistique suédois et international.


 Le coin des enfants est particulièrement bien réalisé
l'espace étant très réduit.
Des tables avec des images à déchiffrer,
la maison de Dalécarlie qui offre des fenêtres à ouvrir
tout est parfait pour laisser les enfants découvrir à leur hauteur
l'oeuvre et la poésie de Carl Larsson.

Les ateliers aussi sont très alléchants!

 

PS: à lire avant ou après au choix,
le très beau roman de Philippe Delerm,
Sundborn ou les Jours de Lumières,
très à propos.

lundi 17 mars 2014

Un samedi chez Maurice

Il y a des endroits où plus jeune je m'imaginais les emmener.
Des lieux magiques, remplis de souvenirs
où je me suis tant et tant de fois baladée avec des êtres chers.

Je crois que j'avais fait une liste dans ma tête
de tous ces endroits chargés d'histoire, de petites histoires.

Oui, ceux où j'avais aimé aller,
seule ou avec des amis,
où j'avais vu de tels trésors,
ressenti tellement fort le lien entre l'Art et la vie.

Et dans mes rêves je les partageais déjà avec eux.



C'est parfois difficile de jouer avec le temps.

On a peur d'être déçus,
de ne plus retrouver tout à sa place.
D'avoir imaginé plus que la vérité.
On craint de se laisser surprendre par d'anciennes émotions.

Et en réalité, elles sont là, cachées à l'angle de chaque pièce,
au fond du jardin en devenir, à l'ombre des sculptures.
Les paroles échangées alors, les promesses.


Samedi, ensemble, nous avons poussé les portes du Prieuré,
la fabuleuse demeure du peintre Maurice Denis.

Nous avons plongé dans cette atmosphère radieuse
du monde artistique de Maurice Denis, maître nabi.


Et je me suis surprise à les regarder découvrir,
à essayer de saisir ce qu'ils ressentaient,
à écouter leurs avis, leur coeur parler.

Le musée était à nous, alors,
il m'a été si doux de les laisser aller
déambuler à leur rythme dans les couloirs,
passer de salle en salle en s'arrêtant parfois, interpellés.

Je me suis perdue dans le dédale du Prieuré,
caressant la pierre que j'avais autrefois touchée
laissant le passé ressurgir, enivrant,
et au détour d'un escalier je retrouvai un enfant, puis deux...

Comme une douce mélodie au piano,
voilà notre visite chez Maurice ce samedi.

Car c'est un majestueux musée,
les enfants s'y sont trouvés à leurs aises!
La douceur de la pierre mêlée à la lumière traversant les vitraux,
cette période artistique (Vuillard, Serusier, Ranson et Roussel) étourdissante,
nous nous sommes tous les 5 laissés submerger.


 Les enfants ont tous eu des coups de coeur.
Et j'ai pu relire ma propre histoire, des évidences,
et voir que finalement beaucoup avait été déjà écrit,
cela m'a plu.


 Et puis samedi à St Germain en Laye c'était le printemps!
Nous avions les jambes à l'air et le temps de profiter du jardin du Prieuré!
Le bonheur!


 Je crois que Maurice Denis aurait aimé nous voir dans sa propriété,
il aurait chéri entendre les enfants crier de joie dans le jardin,
il aurait adoré observer mon petit dernier ramasser et offrir son tout premier bouquet de pâquerettes.
Je sais qu'il aurait parlé des heures avec mon Slav,
ils auraient eu tant à se dire.

Oui, lui et les autres que j'ai amenés ici.

Il est temps de défaire cette liste qui me trotte en tête,
et de vivre mes rêves de jeune fille esseulée.

J'ai maintenant une belle famille,
à moi de leur construire des rêves et des visites qu'ils voudront
un jour eux aussi partager avec les leurs.


 PS: nous n'avons jamais essayé mais je sais que les ateliers pour enfants sont géniaux.
N'hésitez pas!

mercredi 12 mars 2014

En Carême avec la vie


Bien des choses nous remuent.

Parce que nos vies sont bousculées,
parce que les enfants grandissent
et qu'il nous faut suivre.

Nos devons prendre le temps,
faire une pause tout simplement.


Se laisser aller et rêver le temps de merveilleuses journées.
Demain se prépare aujourd'hui, nous nous le répétons souvent.

Et quoi de mieux pour se ressourcer que de se réunir.
Avec des amis, en famille.
Trouver dans chacun la force de continuer,
distiller pendant quelques instants l'affection qui déborde.

Ne pas avoir peur d'aimer au pluriel.
Et le leur enseigner.


 Et ces merveilleuses premières journées de printemps,
offertes à nos coeurs comme de petits sacrifices
nous ont semblé délicieusement sucrées et douces.

Les jambes sont enfin à l'air!
On respire!
On reste dehors, on sort longtemps...
On assortit les grimaces aux nouveaux efforts,
on fait le clown, on rit de bon coeur!
On retrouve les copains du quartier pour quelques tours de vélo.
On se reconnaît après un petit hivernage,
on se rend compte des progrès des plus petits,
on rattrape le retard accumulé des jours gris sans parc.


 Et comme les bourgeons,
l'espoir renaît avec un peu de soleil.

La leçon la plus évidente se joue sous nos yeux ahuris.
Il s'agit de croire.
Croire à l'infini.
En eux, en nous, en la vie.

Alors comme un témoin,
nous essayons de leur transmettre ce qui est essentiel.

Et croire.
Croire est l'essence même.

Les gestes sont les mêmes,
éternellement.
Les voix aussi.
Il n'y a que nous à convertir!